La plupart des vestes en cuir descendent d’une poignée de dessins, dont chacun a résolu un problème précis avant de devenir un style.
La biker
Ce qui la définit : fermeture asymétrique devant, large revers cranté à pointes boutonnées, ceinture à la taille, poches et poche poitrine zippées.
La fermeture asymétrique existe parce qu’une fermeture centrée appuie directement sur le sternum lorsqu’on se penche sur un réservoir de moto. La décaler a résolu cela ; le revers et la ceinture ont suivi.
C’est la veste en cuir la plus ornée et la plus reconnaissable. Coupée près du corps et portée courte, elle fonctionne sur un t-shirt ou une maille fine. Elle se superpose mal à quoi que ce soit de volumineux, et elle porte assez de poids visuel pour que le reste de la tenue reste discret.
Pour qui : celles et ceux qui veulent que la veste soit l’affirmation.
Le café racer
Ce qui le définit : fermeture centrée, col officier bas (généralement 30 à 40 mm), accessoires apparents réduits ou inexistants, corps ajusté.
Dépouillé de la biker pour la course sur route, où les accessoires qui accrochent posaient problème. Le résultat est la silhouette en cuir la plus nette qui soit.
C’est la veste en cuir la plus facile à porter dans un cadre proche du formel, car elle n’a aucun signe de style qui puisse détonner. C’est aussi la moins indulgente sur la coupe — sans ceinture ni revers pour casser la ligne, le moindre excès d’aisance se voit aussitôt.
Pour qui : celles et ceux qui veulent le cuir sans l’affirmation.
Le bomber
Ce qui le définit : col, poignets et bas côtelés, fermeture centrée, corps ample.
Dérivé des blousons de vol militaires, où les côtes empêchaient l’air froid d’entrer dans des cockpits non pressurisés. En cuir, les côtes assurent aussi la mise en forme, ce qui explique que les bombers portent plus d’aisance dans le corps que tout autre modèle.
Le plus polyvalent du lot et le plus indulgent au moment de choisir sa taille.
Pour qui : celles et ceux qui achètent leur première veste en cuir.
Le blazer en cuir
Ce qui le définit : une construction de tailleur — épaule structurée, revers cranté, boutonnage, corps plus long couvrant le fessier.
Un patron de blazer exécuté en cuir plutôt qu’en laine. Il demande un cuir léger — agneau ou chèvre fine — car la structure vient de la coupe, pas de la peau.
L’option en cuir la plus habillée, et celle qui exige le plus une épaule juste.
Pour qui : porter du cuir là où une biker serait excessive.
La trucker
Ce qui la définit : boutonnage ou pressions devant, poches poitrine à rabat, col pointu, patte de réglage à l’ourlet.
Le patron de la veste en jean, en cuir. Plus carrée que les autres modèles, avec un ourlet qui se pose à la taille.
Pour qui : le quotidien décontracté, par-dessus un sweat à capuche ou une chemise épaisse.
La field jacket
Ce qui la définit : quatre poches plaquées extérieures, corps plus long, souvent un col officier ou transformable.
La forme la plus utilitaire, et la plus pratique si vous transportez réellement des choses. Plus longue que les autres, ce qui la rapproche du manteau.
Pour qui : le temps froid, et celles et ceux qui veulent des poches qui servent.
Choisir entre eux
Deux questions tranchent le plus souvent.
Que voulez-vous que la veste dise ? Une biker s’annonce. Un café racer non. Un bomber se situe entre les deux.
Que porterez-vous dessous ? Si la réponse comprend de la vraie maille, le bomber et la field jacket ont la place. La biker et le café racer non.
Au-delà, le style est largement personnel. Ce qui ne l’est pas, c’est la coupe — un café racer mal coupé aura toujours moins d’allure qu’une trucker qui tombe bien.